Dakar 2012
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Dakar 2012

Un coup à moi, un coup à toi : tel pourrait être le résumé de la course moto du Dakar 2012, menée avec autorité par les KTM d’usine de Cyril Despres et Marc Coma. Hier, lors d’une cinquième étape raccourcie en raison des conditions climatiques, le Français et l’Espagnol ont creusé encore un peu plus le gouffre qui les sépare de leurs concurrents.

« Garder le même état d’esprit, la même concentration » (C. Despres)

Partant de Chilecito, l’étape comprenait initialement 151 km de liaison et 265 km de spéciale. Mais de fortes ondées ont contraint les organisateurs à retarder le départ de l’étape et à modifier son tracé pour respecter le programme.

Privés du spectacle offert par les immenses dunes de Fiambala, les pilotes se sont finalement expliqués sur 185 km de secteur chronométré. Despres et Coma ont accentué leur ascendant sur leurs rivaux, malgré quelques erreurs de navigation.

Longtemps dans la roue de son coéquipier, le Français a finalement déboîté le tenant du titre dans la dernière partie de la spéciale, avant de s’emparer de la victoire avec 1’41 d’avance. Grâce à ce deuxième succès d’étape (le 28ème de sa carrière), Despres porte son avance sur Coma à presque 10 minutes au général (9’51).

« Aujourd’hui c’était plus facile pour moi parce que je suis parti derrière Marc« , admet Despres qui n’a pas eu à « tracer » la spéciale. « Peut-être que demain ce sera l’inverse. Alors la marge que j’ai sur lui, c’est un coussin confortable mais il peut vite disparaitre ! Donc il faut que je garde le même état d’esprit et la même concentration« .

« Je veux me mêler au mano a mano des deux premiers » (H. Rodrigues)

Derrière les deux KTM, l’écart se creuse inexorablement à raison de presque 10 minutes par jour : un gouffre ! Troisième avant-hier et quasiment dans le rythme des leaders hier, Frans Verhoeven a joué de malchance : déjà victime de soucis électriques durant la quatrième étape, le Hollandais a cette fois connu des problèmes mécaniques sur sa Sherco.

Relégué à la 85ème place de la cinquième étape à 2h31 du leader, le pilote de la moto nîmoise perd tout le bénéfice de son encourageant début de rallye et plonge au 31ème rang au général.

Pointant toujours troisième au général malgré une modeste quatorzième place hier, Helder Rodrigues accuse de son côté presque 50 minutes de retard sur les KTM…

Bien qu’il déclare vouloir se mêler à la lutte pour la victoire, le Portugais ne semble pas véritablement en mesure d’inquiéter Despres et Coma. En tout cas, pas à la régulière…

« C’est un Dakar difficile et je suis un peu fatigué« , avoue Helder Rodrigues. « Mais tout le monde est comme ça. J’ai eu beaucoup de petits problèmes avec la moto et les choses ne vont pas aussi bien que je le voudrais. Mais je suis là, je n’ai rien et je suis troisième au général. Je suis en parfaites conditions et je peux attaquer quand je veux. C’est ce que je vais faire. Car c’est maintenant un autre Dakar qui commence. Je veux me mêler au mano a mano des deux premiers« .

Chez les autres pilotes Yamaha, Olivier Pain a effectué un parcours propre – malgré son épaule douloureuse – jusqu’à la 11ème place, mais il concède près de 20 minutes au vainqueur de l’étape.

Son coéquipier David Casteu accuse plus de 28 minutes dans la spéciale après avoir rencontré des problèmes de qualité d’essence qui entraîneront des soucis de pompe d’injection.

Les deux pilotes occupent les 11ème et 7ème places au général, à respectivement 1h14 et 59 minutes.

Auteur d’une étape catastrophique hier, Joan Barreda (Husqvarna) reste quant à lui candidat possible à une victoire de spéciale : il le prouve une fois encore en signant le troisième temps hier à 12’42 de Despres. Capable lui aussi de jolis coups d’éclats, Stefan Svitko (KTM) signe le quatrième temps de la spéciale à 13’05 du vainqueur. Les deux hommes pointent respectivement aux 32ème et 9ème rangs au général.

Sixième étape annulée

Originellement prévue entre Fiambala (Argentine) et Copiapo (Chili), la sixième étape du Dakar qui devait démarrer ce matin a été annulée par les organisateurs en raison des conditions météo. Les fortes chutes de neige et le froid (jusqu’à -15°C !) qui sévissent sur la Cordillère des Andes ont en effet poussé les autorités chiliennes à fermer la frontière au Paso de San Francisco, qui culmine à 4700 m d’altitude.

« Dans le souci de garantir la sécurité des concurrents et des accompagnateurs du rallye, les organisateurs ont décidé de faire passer en convoi l’ensemble des véhicules« , explique ASO dans un communiqué. La compétition reprendra donc samedi avec une étape de 573 km au départ de Copiapo, dont 419 km de spéciale.

« Opération Guillaumet »

Pour le directeur du Dakar, Etienne Lavigne, cette annulation d’étape n’est pas une première : « ce que nous vivons aujourd’hui, c’est une péripétie qui pose problème sur le plan sportif, qui contrarie les pilotes et équipages du rallye. Mais cet événement fait aussi partie de la vie du Dakar« , rappelle-t-il.

« L’épreuve est quelquefois confrontée, comme ses concurrents, à des situations extrêmes. Et en tant qu’organisateurs, nous devons faire preuve d’une énorme capacité d’adaptation pour les appréhender. Des galères d’organisation, le Dakar en a collectionné un paquet. Nous avons même pris l’habitude de les nommer. J’ai connu « Dernier métro pour Tombouctou », « Reine de Saba », mais c’est la première fois que le Dakar est bloqué par la neige !« , remarque le grand patron de l’épreuve.

« Nous pourrons baptiser le dispositif que nous mettons en place « Opération Guillaumet », en hommage à l’aviateur qui avait survécu à un crash dans les Andes après avoir marché seul dans la montagne durant cinq jours« , conclu Etienne Lavigne.

Ecrit par Motonet

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